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pendant que le loup n’y est pas…
Si le loup y était, il nous mangerait !

Et on ne croit pas si bien dire à la lecture de ce livre. Des jeunes filles sont retrouvées tuées par un loup, un couple assassiné, des caillous blancs dans la bouche… Le jeune et beau procureur Guillaume de Lantrec mène son enquête, aidé par Delphine d’Orbelet, jeune ingénue qui s’ennuie ferme, si loin de Paris, dans cette Savoie enneigée…

Le France du 17e siècle est magnifiquement dépeinte… Le travail, la vie des paysans et des bourgeois (quel contraste) est très bien décrit. Le style est agréable, fluide et assez poétique : « le ciel avait ce rose glacé des après-midi scintillants qui précédent les grands froids. Les forêts, amaigries, transparentes, cliquetaient sous le vent dans un bruit de ramure » . Le rythme est soutenu, l’intrigue bien menée, les indices distillés au fur et à mesure, et le dénouement plutôt réussi.

Les personnages sont attachants. Peut être un poil caricaturaux (la belle et innocente noble, ingénue et intrépide, tombe amoureuse du désabusé, intelligent et beau procureur de la république). Oh et puis les scènes de sexe – franchement déplacées et qui n’apportent rien, mais absolument rien à l’intrigue. Et qui sont gênantes surtout quand on lit dans le métro ;-) (surtout qu’elles sont tout sauf implicites)

Le thème des contes de la mère l’oye est vraiment intéressant. Certes, je savais que Charles Perrault avait écrit Cendrillon. Mais je ne savais pas que ces contes étaient issus de la tradition follkore française, qu’ils étaient contés aux enfants par leurs nourrices lors des veillées pour leur enseigner le bien et le mal. Dans la version orale, l’histoire n’était pas « aseptisée » pour les oreilles des enfants : le Petit Chaperon Rouge devorait sa mère-grand (d’où la couleur rouge) par exemple (bizarrement on ne raconte pas cette version aux petits)!!

Une jolie lecture qui donne l’occasion d’un retour dans le passé, à la découverte de nos racines !

« Les nuits blanches du Chat Botté » de Jean-Christophe Duchon-Doris

Petit défi personnel

2010 sera l’année Robin Hobb, ou ne le sera pas !
Plus précisement, elle sera celle de Fitz !

En grande aventurière que je suis, je pars à l’ascension de l’Assassin Royal et du Prophète Blanc et des treize tomes qui composent ce cycle de Fantasy… Je pars à la découverte des Six-Duchés, à la rencontre de Fitz, Umbre, Burrich, et des autres… Je vais m’initier à l’Art et au Vif, chasser avec Oeil-de-nuit et chercher les dragons des temps anciens !!

Une petite confession (sans importance) : j’ai déjà lu cette oeuvre magistrale, il y une décennie ! J’en garde un souvenir si bon, si magique, que je rêve de m’y replonger et revivre les délices de cette lecture !
A l’époque, il fallait prendre son mal en patience en attendant les dernières parutions…

Aujourd’hui, les treize tomes en poche, plus besoin de patienter pour suivre les aventures de Fitz !

Tess d’Urberville est mon coup de coeur de ce début d’année. C’est une rencontre magnifique qui m’a touchée.

« Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d’Urbervile, un de ses jeunes maîtres. L’enfant qu’elle met au monde meurt en naissant. Dans la puritaine société anglaise de la fin du 19e siècle, c’est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance » .

D’abord un mot sur l’oeuvre : ce roman est paru en feuilletons à la fin du 19e siècle, comme c’était la mode à l’époque. Pour ne pas choquer ses lecteurs, Thomas Hardy a été contraint de réécrire une partie de son oeuvre et de supprimer des chapitres entiers (exemple : le « viol » de Tess a été changé en faux mariage, et dans la version feuilleton elle n’a pas eu d’enfant).
C’est pour dire à quel point cette version finale et intégrale a du choquer la société puritaine anglaise, surtout le milieu rural qui s’ouvre juste à la révolution industrielle.

Ce livre est sublime. Le talent de prose de Thomas Hardy est génial. Poétiques et mélodieuse, ses phrases captent l’essence de la nature, le monde paysan et sait retranscrire magnifiquement les émotions de personnages. Tess est attachante, énervante par sa naïveté, innocente, ignorante de sa beauté et de son pouvoir sur les hommes. Simple paysanne qui ne cherche qu’à travailler.
Ce roman est magistral.

Il y fourmille des multitudes de références païennes, chrétiennes (peut être même trop). Tess vit avec le poids de son péché qui la hante. « TA, DAMNATION, NE, SOMMEILLE, PAS. Ces mots énormes, en vermillon, éclataient sur le paysage paisible, sur les teintes pâles des taillis en train de se flétrir, sur l’air bleu de l’horizon et sur les planches couvertes de lichen. Ils semblaient se crier à eux-mêmes à pleine voix et faire retentir l’atmosphère. (…) Les paroles accusatrices pénétraient d’horreur la malheureuse Tess. C’était comme si l’homme eût connu sa récente histoire; pourtant il lui était étranger » . La présence de la religion tout au long du livre m’a dérangée. Tess tente de s’en sortir, de se libérer de cette faute commise alors qu’elle était jeune. Sans succès. Elle n’est jamais en paix. Combien de temps devra-t-elle faire pénitence pour être pardonnée ?

Elle ne peut lutter contre le séducteur Alec d’Urberville, ni plus tard contre son amour pour Angel. Celui-ci, empêtré dans sa morale et son intransigeance, incapable de voir au-delà de la faute, conduira Tess à sa perte. « Alors elle pleura sur l’homme aimé, dont le jugement soumis aux conventions sociales lui avait causé tous ces derniers chagrin, et elle alla son chemin sans savoir que le plus grand malheur de sa vie était son manque de courage si féminin au moment critique et décisif » .

Tess vient du grec et signifie « qui récolte ».
La paysanne qui survit grâce à la nature.
La pécheresse qui récolte ce qu’elle a semé.

« Le bruit de leurs baisers de tout à l’heure sembla se perdre, tumultueux, dans les recoins de leur cerveau et s’y répercuter comme les échos d’un temps d’aveugle folie » .

Le gentil Papa Noël m’a offert la suite et fin de la trilogie du Dernier Souffle (premier tome ici). Autant dire que j’avais hâte de connaître la suite des aventures de Wyl, Valentyna et de Celimus…
Souvenez-vous, j’appréhendais la suite… Allait-elle survivre à mes attentes ?

Le suspense est insoutenable, je sais.

Je n’ai pas été déçue… L’intrigue est bien ficelée, le dénouement intelligent (après moults rebondissements, cela va de soi), et les personnages réellement attachants… Les rencontres que fait Wyl au grè de ses errements dans Morgravia ou Briavel apporte une richesse au livre, les histoires s’entremêlent, les coincidences n’en sont pas vraiment. Tout concourt à l’épilogue, chaque détail a son importance, tout est finement relié.

Oui parfois c’est un peu long. Oui parfois l’auteur va un peu loin : autant de malheurs ne peuvent pas arriver à un seul homme. Wyl est de l’étoffe de ces héros, que les épreuves aguerrissent, qui ont la force d’enterrer leur chagrin pour mener à bien leur mission, qui aime sans espoir de retour. Wyl, jouet du destin et des ambitions des grands, doit combattre malgré lui un roi tyran, avec le soutien de ses amis. C’est par une virevolte pleine d’esprit qu’il y parvient.

Je sais que vous n’attendez que cela : les extraits brûlants illustrant la passion qui consume nos deux héros.
« Soudain, c’était comme si un lien brûlant et invisible les unissait, alors même qu’ils n’avaient jamais échangé ne serait-ce qu’un baiser.(…) Ce qui avait pu lui arriver était une interrogation qui la rongeait – une épine de douleur fichée en son coeur » (no comment) ou « Je t’aime maintenant et je t’aimerai à jamais, qui que je sois. Tu ne pourras jamais rien faire pour changer mes sentiments. Jamais je ne donnerai mon coeur à une autre. Il est à toi. Je ne fais qu’un avec toi » (oui vous aussi, vous avez roulé des yeux)
Certes, l’auteur a fait des progrès sur les deux derniers livres… J’ai encore levé les yeux au ciel une ou deux fois, ou pouffé de rire devant le ridicule de la phrase… mais autant être honnête : il y a du progrès. Peut être aussi, parce que les amants sont séparés sur les deux tomes…

Une trilogie sympathique, au style parfois pataud, aux personnages attachants et à l’intrigue originale et prenante.

Avec un petit parfum de Robin Hobb.

Seul le silence

Monsieur Ellory, vous êtes anglais (et roux). Vous décrivez l’Amérique comme personne. J’ai lu « Seul le Silence » il y a quelques mois, et je n’arrive toujours pas à m’en défaire. Il trotte dans ma tête.
Vous avez reçu le prix du Roman Noir par le Nouvel Observateur, et vous le méritez bien !

« Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps horriblement mutilé d’une fillette assassinée. La première victime d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante. Des années plus tard, lorsque l’affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près. Lorsqu’il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre, il n’a d’autre solution pour échapper à ses démons, alors que les cadavres d’enfants se multiplient, que de reprendre une enquête qui le hante afin de démasquer le vrai coupable. »

« Seul le silence » est une oeuvre d’exception. Joseph est un petit garçon attachant, un jeune homme remarquable hanté par ces morts qui l’ont privées de son enfance, et un homme perdu, courageux, qui part à la poursuite de ce serial killer. C’est une descente aux enfers pour Joseph.
« New York me battait de ses poings. Mon coeur battait en retour. Dans cette ville serrée comme un poing j’étais aussi un poing serré. Dans ce tonnerre d’humanité, j’étais enfin, irrévocablement, devenu l’homme que j’avais tant voulu être« .

Ce n’est pas tant l’histoire en elle-même qui est spectaculaire, c’est l’écriture. Belle. Poétique. « Son visage était strié de petits plis, pas tant des rides que des points d’affaissement où la force d’invasion du temps s’était approprié le territoire de la jeunesse. Il ressemblait à une photo roulée en boule puis défroissée qui ne serait plus jamais lisse. »

Violente. Sans concession. « Tout en elle lui hurlait qu’elle devait s’enfuit, courir, filer comme le vent, filer comme l’éclair à travers les champs jusqu’à la maison. Mais les bras autour d’elle la serraient, l’étreignaient comme un étau, implacablement, la pression croissait sur sa poitrine, sur sa gorge, et elle avait de plus en plus de mal à respirer, des couleurs scintillaient sous ses yeux, et elle voulait hurler, hurler comme elle ne l’avait jamais fait jusqu’alors, hurler comme une sirène de pompiers, comme un gigantesque oiseau fondant sur sa proie, comme un cheval sauvage, sa crinière voletant derrière lui telles les couleurs de cent armées, se déployant et claquant dans le vent… hurler comme une petite fille craignant pour sa vie.
Huit ans. A quatre cent mètres de chez elle
« .

C’est l’atmosphère angoissante, lourde comme une chape de plomb, qui nous tient en haleine, nous fait suffoquer. C’est la pudeur de Joseph lorsqu’il perd ceux qu’il aime.
Tout est dans la plume d’Ellory. Il murmure l’indicible, transforme des enfants de 10 ans en patrouilleurs de nuit, et donne à une plume le visage de la mort.
« Mais cette même nuit, je vis la plume (…) que je la regardai embellir l’air de ses arabesques et de ses courbes, se rapprocher en flottant, puis se poser sur le rebord à portée de main. Je ne la ramassai pas. Je sentis ma gorge se serrer. Je sentis une ombre du passé entrer doucement par la fenêtre ouverte et se blottir contre moi« .

« Seul le Silence » est un livre foudroyant, qui m’obsède encore après l’avoir refermé.
A lire absolument.
Magistral.

C’est l’effet que me fait le Tour d’Ecrou. Un livre à part.

Difficile de savoir si j’ai aimé ou pas. Cette lecture m’a mise inconfortable – mon bon sens, que dis-je ma raison, luttant contre la vérité qui se profilait.

« Une jeune gouvernante part à la campagne s’occuper de deux jeunes enfants : Miles et Flora. L’oncle des ces enfants se déchargent de leur éducation et ne veut être contacter sous aucun pretexte. Mais des évènements suspects, des apparitions vont troubler la jeune fille, et la persuader que ces chers et tendres enfants ne sont pas ce qu’ils paraissent ».

Ce livre, cette histoire est forte et ne peut laisser indifférent. La narration utilisée empêche le lecteur de prendre du recul, d’analyser la situation et de rationnaliser les événements. On se sent pris au piège, comme la gouvernante.

« Je me rappelle qu’en entrant dans sa petite chambre, dont le lit n’avait pas été défait du tout et où la fenêtre, ouverte aux rayons de la lune, dispensait une telle clarté qu’il fut inutile de gratter une allumette – je me rappelle que je m’effondrai soudain sur le bord du lit, terrassée par l’idée qu’à coup sûr, il savait qu’il m’avait « eue »« 

L’atmosphère qui se dégage du livre fait penser à Rebecca de Daphné Maurier, ou aux « Hauts d’Hurlevent » d’Emily Brontë. Pluie, crépuscule, vieille maison anglaise – tout y est là pour créer une atmosphère angoissante.

Le Tour d’Ecrou fait également penser au film « Les Autres », où les enfants sont d’inquiétantes créatures (voire terrifiante)(j’ai beaucoup aimé le film, rien que d’y penser j’en ai encore des frissons).

Tour à tour (d’écrou), on prend la gouvernante pour folle, les enfants pour des monstres, Mrs Grose pour la traître. On doute de tous les personnages. Où est la vérité ? Qui croire ?

Bravo Henry James !

Bizarremment, le portrait fait de la gouvernante en début de roman une fille « jeune, nerveuse, inexpérimentée. » Ses certitudes, ses intuitions qu’elle suit aveuglément (sans aucun fondement, sans la moindre preuve aucune) dressent plutôt le portrait de quelqu’un de sûr de soi, qui ne connait pas la peur.

 » - Vous dites qu’il cherchait quelqu’un d’autre… quelqu’un qui n’était pas vous ?« 
- Il cherchait le petit Miles. Voilà qui il cherchait, répondis-je, soudain gagnée par une prodigieuse lucidité.
- Mais comment le savez-vous ?
- Je le sais… je le sais… je le sais… m’exclamai-je dans un état d’exaltation grandissant.« 

(Sherlock Holmes est avec nous) Et Mr Grose qui gobe tout ce qu’on lui dit ! (dans l’esprit « I see dead people », mais bien sûr mon chéri)

La fin est telle qu’on l’imagine : dramatique et soudaine. Je reste sur ma faim : qu’arrive-t-il ensuite ? pourquoi ces apparitions, d’où viennent-elles ? Que veulent ces fantômes ? comment la gouvernante vit-elle cet ultime rebondissement ? Quelle sera sa vie ? Le mysthère reste entier.

Formidable Hercule Poirot !

Adolescente, je dévorais les livres d’Agatha Christie ! Sous la couette avec ma lampe torche, je lisais jusqu’au bout de la nuit, impatiente de connaître le dénouement de l’intrigue. C’était ma première rencontre avec les « polars », et qui mieux qu’Agatha Christie pour découvrir ce genre ?
Depuis, j’ai découvert Fred Vargas, Peter Tremayne, Jean-François Parot, Arnaldur Indridason, et j’en passe…Mais je n’ai jamais oublié Agatha Christie et les nuits blanches qu’elle m’a fait vivre…

C’est pourquoi je me suis offert ce petit voyage dans le passé avec « Mort sur le Nil« .
Écrit en 1937, ce livre est le 15e de la série Hercule Poirot. « Ce n’est pas très joli de voler son fiancé à sa meilleure amie pour se marier avec lui. Et même si l’amie en question semble se résigner, la ravissante et riche Linnet Ridgeway a bien des raisons d’être inquiète… Surtout quand le hasard les réunit, le temps d’une croisère sur le Nil, avec d’inquiétants personnages, dans une lourde atmosphère de sensualité et de cupidité…« 
Ce livre est un petit bijou : le décor égyptien apporte une atmosphère suffocante avec la chaleur, les enfants qui harcèlent les passagers dès un pied posé en dehors du bateau, on ressent réellement le confinement de ces 15 passagers à bord.
Les personnages sont haut en couleur, tous uniques et vivants. Jacqueline, Simon et Linnet forment un trio magnifique : je prête à Linnet les traits de Kim Basinger dans L.A. Confidentiel, je vois Jacqueline en Jackie Kennedy (peut être le nom y est pour quelque chose) (je manque cruellement d’imagination)… Tous les personnages gravitent autour de ce trio qui est le centre d’intérêt de la croisière.
Parlons d’Hercule Poirot, génial Hercule Poirot qui, à l’aide de ses cellules grises, va résoudre cette sombre affaire, où les apparences sont trompeuses. Le détective belge est un personnage complexe : d’une tendresse surprenante envers Rosalie Otterbourne, il est imbu de lui-même (« - Je ne suis pas un « petit bourgeois moyen » comme vous dites bizarrement. Je suis un être supérieur, déclara Poirot avec un brin d’arrogance.
- Qu’est-ce que vous fabriquez ?
- Je suis détective, dit Poirot de l’air modeste dont on déclare « je suis roi.
«  »), tiré à quatre épingles (« Hercule Poirot en complet blanc, chemise rose, cravate noire extra-large à noeud carré et casque colonial(…)« ) et d’une intelligence hors du commun. Un personnage riche et intéressant.

L’intrigue est rondement menée. Pas de temps mort. Non pas un, deux, mais trois crimes distraient les passagers de leur croisière. Plusieurs affaires s’emmêlent : les personnages montrent au fur et à mesure leurs vraies couleurs. Je ne révélerai pas le nom du ou des meurtrier(s) (sinon quel intérêt pour vous de lire le livre, n’est-ce pas ?) (oui je suis gentille, je sais), mais j’avoue que mon instinct (d’enquêteuse infaillible) me poussait plutôt dans cette direction (même si, niveau preuves, j’étais loin du compte). Mais cela ne m’a pas empêché de voir chaque passager comme le coupable au moins une fois (une vraie enquêtrice ouvre l’œil). Hercule et moi avons résolu cette énigme avec brio (quel tandem de choc)!

Je suis embarquée dans une nouvelle énigme (et oui, on ne change pas une équipe qui gagne) avec « Le Vallon » (merci à ma petite Mamie et son abonnement à France Loisirs et ses collections « deux en un ») !

Le Don, une sacrée aventure

Comme Robin Hobb le dit si bien « Typiquement le genre de livre où l’on se dit : « allez un dernier chapitre… » Ne commencez pas à lire Le Don le soir, surtout si vous devez vous lever tôt le lendemain matin ! ».
Elle n’a pas tort, loin de là ! Dès la seconde où je l’ai ouvert, je n’ai pas pu lâcher ce livre. Même écrasée comme une sardine dans le métro, je gardais le livre en main, envers et contre tous, pour continuer à lire. Oui, c’est ça l’amour !
Le Don est une trilogie fantastique, dans la veine de l’Assassin Royal (sigh… quelle épopée !).
« Encore adolescent, Wyl Thirsk doit assumer le rôle pour lequel on le destinait depuis sa naissance : commandant en chef des armées de Morgravia ! Une responsabilité qui le conduit à la cour du prince Celimus, un despote sadique. Là, un geste de bonté envers une sorcière condamnée au bûcher vaudra à Wyl un don miraculeux, ainsi que la colère de son seigneur et maître.
Contraint de lui obéir, Wyl est envoyé au Nord où la guerre menace, pour une mission suicidaire à la cour ennemie… avec pour seule arme un mystérieux pouvoir dont il ne soupçonne pas même l’existence. Or, s’il n’embrasse pas le Dernier Souffle, il signera sa perte… et celle du pays qu’il a juré de défendre.
« 

Dès les premières pages, on est entraîné dans l’intrigue, aux multiples rebondissements. L’histoire est « originale » (je dis entre guillemets, car il y a tout de même un étrange parfum de Robin Hobb et de Fitz), le « don » de Wyl est exceptionnel (je n’ai jamais rien lu de tel dans la Fantasy). Une histoire assez simple : un jeune et fougueux chevalier se dresse contre son roi, qui est la cruauté incarnée. En chemin il tombe amoureux d’une reine, amour ô combien impossible ! A tout cela, on ajoute un chien enchanté, des complots, des assassinats, de la traîtrise, des épées et beaucoup de magie, et le tour est joué ! La recette prend ! Comme je le disais, ce livre était greffé à ma main, impossible de décrocher !
Deux petites choses m’ont un peu agacées :
- La mièvrerie quand on parle d’amour (je fais partager, amis des livres : « Valentyna avait perdu le contrôle d’elle-même. Sa proximité, son charme, sa confiance en lui la séduisaient. Lorsqu’il lui parlait ainsi, elle se sentait mieux… Elle n’était plus seule. (…) Valentyna l’avait embrassé spontanément (…). Toutefois, sous l’insistance de Romen, leur baiser prit une tournure bien plus ardente. Leurs lèvres restèrent unies de longs moments. Les criquets se turent et le crépuscule devint nuit noire. (attention mon passage préféré :) L’amour lui avait parlé cette nuit-là. La flèche de l’amour m’a touchée, songea-t-elle. » Magnifique n’est-ce pas ? Barbara Cartland n’a qu’à bien se tenir ) – n’est pas Shakespeare qui veut ! Heureusement, cela ne dure pas trop longtemps !
- J’avoue que j’appréhende la suite : ce n’est que le premier tome de la trilogie du Dernier Souffle (ça sonne bien, n’est-ce pas ?), alors j’ai peur que cela s’essouffle (superbe jeu de mot) avec les deux tomes suivants. Si l’écrivain continue à ce rythme, la crédibilité de l’histoire risque d’en prendre un coup. A trop partir dans les quiproquos entre les personnages et les imbroglios, j’ai peur que la suite soit bâclée, tirée par les cheveux…
Ne partons pas trop pessimiste – Harry Potter, sur sept tomes, ne m’a jamais déçue ;-)

« Publié en 1938, sixième roman d’Elizabeth Bowen, Les Cœurs détruits demeure le plus connu de son auteur. À travers le portrait de Portia, orpheline de seize ans recueillie à contre-cœur à Londres par son demi-frère Thomas et sa belle-sœur Anna, la romancière trace un portrait poignant de l’amour adolescent et de la trahison de l’innocence. Perdue dans une demeure luxueuse mais vide d’émotions, la naïve Portia s’attache au protégé d’Anna, Eddie, un jeune séducteur insouciant. Tous les deux, dans ce monde policé des années 30, sont un peu des exclus, et leur rencontre ne peut que bouleverser une société prompte à dissimuler la cruauté des rapports humains derrière la rigidité des conventions. » (merci la Fnac)

Ces quelques phrases ont convaincu mon portefeuille et mon pauvre banquier au passage (la rentrée fut dure, merci les impôts) ! On la compare à Jane Austen ou Virginia Wolf, elle possède « une pénétrante intuition, une redoutable perspicacité, un curieux mélange de sympathie et d’ironie envers les petitesses humaines, un esprit caustique, un style incisif » (merci Wikipedia)…

Toutes ces critiques dithyrambiques me mirent en émoi. Je me lancai dans ma lecture et… Padapoum… Dégringolade. C’est plat. Lent. Creux. Vide. Très lent. C’est triste. Pathétique. Ces personnages sont malheureux. Coincés dans leur vie monotone, ils regardent la vie avec condescendance. Il n’y a pas d’amour, ni de bonheur dans leur vie : juste l’Ennui.

Certes, c’est bien écrit. On décortique les sentiments, les états d’âmes des personnages. A la loupe, sans concession. On y découvre des personnages creux et sans intérêt. Pour moi du moins.
Je n’ai pas cru à l’histoire d’amour. Pas une seconde.

J’ai abandonné ce livre. Mon ennui a été plus fort que mon envie de savoir le fin mot de l’histoire.

Une question me taraude : le talent d’Elisabeth est-il exceptionnel au point de réussir à contaminer ses lecteurs par l’Ennui qui se dégage de son livre ?

Est-ce cela le génie ?

Qu’on la compare à Jane Austen me fait mal au coeur !

Les Coeurs détruits – Elisabeth Bowen – 1938

Voici les 100 livres préférés des Français (tag repris chez « Près de la plume… au coin du feu« )… une excellente excuse pour comparer ses lectures…

1 La Biblej’ai lu « La Bible racontée aux enfants » à 20 ans… et ça m’a suffit… je n’ai pas l’âme d’une croyante…
2 Les Misérables de Victor Hugo – non, mais il faut que j’y remédie
3 Le petit prince d’Antoine de Saint-Exupéryce livre a bercé mon enfance (mes parents mettaient le livre audio en voiture quand on faisait de longs trajets – que de souvenirs)
4 Germinal d’Emile Zola – non !
5 Le Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkienyes !
6 Le rouge et le noir de Stendhaloh oui et j’avais adoré !
7 Le grand Meaulnes d’Alain-Fournieroh oui et je n’avais pas aimé !
8 Vingt mille lieues sous les mers de Jules Vernepremières insomnies de lecture vers 12 ans
9 Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody – non
10 Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumasbien sûr !
11 La gloire de mon père de Marcel Pagnoloui !
12 Le journal d’Anne Frank d’Anne Frankoui, au collège…
13 La bicyclette bleue de Régine Deforges – non et pas du tout envie
14 La nuit des temps de René Barjavelouiii ! coup de coeur !
15 Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough - non
16 Dix petits nègres d’Agatha Christieyes !! comme beaucoup d’Agatha Christie !
17 Sans famille d’Hector Malot – non
18 Les albums de Tintin de Hergébien sûr !!!! Mais où est Astérix dans tout ça ???
19 Autant en emporte le vent de Margaret Mitchelloh que oui ! que de merveilleux souvenirs
20 L’assommoir d’Emile Zola – non… je sais pas pourquoi mais j’associe Zola à une lecture difficile, pourtant j’ai lu Nana et Thérèse Raquin, que j’ai adoré… mais j’ai ce préjugé bizarre qui reste malgré tout…
21 Jane Eyre de Charlotte Brontëoui et pas qu’une fois !!!
22 Dictionnaires Petit Robert, Larousseoui souvent, dans le métro, c’est très pratique
23 Au nom de tous les miens de Martin Gray – ne connais pas…
24 Le comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumasoui… Edmond Dantès… pfff quel homme…
25 La cité de la joie de Dominique Lapierre – non mais j’ai vu le film, est-ce que ça compte ?!
26 Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley – non mais à découvrir !
27 La peste d’Albert Camus – non mais dans ma PAL !
28 Dune de Frank Herbert – oh non… ça ne me dit rien du tout !
29 L’herbe bleue Anonyme - oui !! quand j’avais 15 ans et que je passais par ma phase « personne ne me comprend »
30 L’étranger d’Albert Camus – dans ma PAL !!
31 L’écume des jours de Boris Vianoh oui, lu et relu, et adoré…
32 Paroles de Jacques Prévert – quelques poèmes… mais à re-découvrir !
33 L’alchimiste de Paulo Coelho – non, j’ai lu d’autres de Paulo Coelho…
34 Les fables de Jean de La Fontaineoui au lycée comme beaucoup de personnes
35 Le parfum de Patrick Süskind - dévoré et adoré…
36 Les fleurs du mal de Charles Baudelaireétudié au lycée, livre de chevet, et un père qui aime réciter son poète préféré, dès que vient l’inspiration
37 Vipère au poing d’Hervé Bazinoui, il y a longtemps, je ne m’en souviens plus trop
38 Belle du seigneur d’Albert Cohen – je n’ai même pas eu le courage de le finir… peut être l’ai-je lu trop jeune… à réessayer !
39 Le lion de Joseph Kesselouii !!
40 Huis clos de Jean-Paul Sartre – non et ça ne me tente pas tellement…
41 Candide de Voltaireoui, au lycée et j’avais beaucoup aimé…
42 Antigone de Jean Anouilh – non
43 Les lettres de mon moulin d’Alphonse Daudetoui
44 Premier de cordée de Roger Frison-Roche – non
45 Si c’est un homme de Primo Levi – non plus (pourtant dans ma PAL, mais j’ai plutôt envie de littérature plus « légère)
46 Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségurincontournable lecture de jeunesse
47 Le tour du monde en 80 jours de Jules Verneoh oui, encore une insomnie adolescente
48 Les fourmis de Bernard Werberoui, les trois tomes, quand j’étais (plus) jeune… j’avais bien aimé…
49 La condition humaine d’André Malraux – non
50 Les Rougon-Macquart d’Emile Zola – non toujours pas de Zola
51 Les rois maudits de Maurice Druonoui, au moins les cinq premiers livres… mais je n’ai jamais réussi à finir la série
52 Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand - non, mais j’en ai très envie !
53 Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontëoh oui !! Un de mes livres préférés !
54 Madame Bovary de Gustave Flaubertoui, un chef d’oeuvre !
55 Les raisins de la colère de John Steinbeckoui, in english please !
56 Le château de ma mère de Marcel Pagnoloui aussi.
57 Voyage au centre de la Terre de Jules Verne - oui !!! oh la la j’avais adoré !
58 La mère de Pearl Buck – non mais dans ma PAL
59 Le pull-over rouge de Gilles Perrault – pas encore, mais c’est dans mes objectifs 2009
60 Mémoires de guerre de Charles de Gaulle – euh non… et puis ça ne dit pas non plus…
61 Des grives aux loups de Claude Michelet – jamais entendu parler…
62 Le fléau de Stephen King – non, et ma période Stephen King est passée…
63 Nana d’Emile Zolaouiiiii enfin un Emile Zola que j’ai lu !!
64 Les petites filles modèles de la comtesse de Séguroui aussi livre de jeunesse
65 Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway – non
66 Cent ans de solitude de Gabriel García Márquezoui
67 Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt – non
68 Robinson Crusoé de Daniel Defoe – non plus
69 L’île mystérieuse de Jules Verne – ah je crois que non…
70 La chartreuse de Parme de Stendhal – je crois que ce livre ne m’aime pas… je n’ai jamais pu passé les trois premières pages
71 1984 de George Orwelloui et beaucoup aimé
72 Croc-Blanc de Jack Londonoh oui ! j’avais adoré !
73 Regain de Jean Gionoaussi… et le Hussard sur le Toit aussi… j’adore !
74 Notre-Dame de Paris de Victor Hugooui, et un immense coup de coeur.. lu en 4ème si je me souviens bien.
75 Et si c’était vrai de Marc Levyoui… histoire originale, style moins, et écriture encore moins
76 Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline – non… et ce livre me fait peur…
77 Racines d’Alex Haley – non mais il faut que je lise
78 Le père Goriot d’Honoré de Balzac – non, à ma grande honte…
79 Au bonheur des dames d’Emile Zola – eh non !
80 La terre d’Emile Zola – non plus… il faut vraiment que je me mette à Zola
81 La nausée de Jean-Paul Sartre – non
82 Fondation d’Isaac Asimov – ne connais pas
83 Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway – je crois que j’avais commencé, mais jamais fini
84 Louisiane de Maurice Denuzière – non, ne connais pas
85 Bonjour tristesse de Françoise Saganouiiii !! sublime !
86 Le club des cinq d’Enid Blytonoui, quand j’étais petite, j’adooorais !! J’ai toujours révé d’avoir un chien qui s’appelle Dagobert !
87 Vent d’est, vent d’ouest de Pearl Buck – dans ma PAL (je crois)
88 Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir – non
89 Les cavaliers de Joseph Kessel – non plus
90 Jalna de Mazo de la Roche – non
91 J’irai cracher sur vos tombes de Boris Viandans ma PAL !
92 Bel-Ami de Guy de Maupassantoh oui, j’ai adoré ce livre, à la première comme à la seconde lecture !
93 Un sac de billes de Joseph Joffooui
94 Le pavillon des cancéreux d’Alexandre Soljenitsyne – non
95 Le désert des Tartares de Dino Buzzati – non plus
96 Les enfants de la terre de Jean M. Aueloui… j’avais adoré le premier tome, je l’ai littéralement dévoré… mais j’étais été très décue de la suite…
97 La 25e heure de Virgil Gheorghiu – non
98 La case de l’oncle Tom de H. Beecher-Stowe - je ne sais plus… mais je crois que oui !
99 Les Thibault de Roger Martin du Gard – non
100 Le silence de la mer de Vercors – non plus

Résultat : 49 / 100

Résultat honnête… à un livre de la moyenne…

Il faut que je lise Zola !

au suivant…

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